Une île n’est pas un lieu comme les autres.
C’est un contour clair.
Un bout de terre émergé, entouré d’eau, sans échappatoire.
Sur une île, on ne peut se disperser très longtemps.
Le regard finit toujours par revenir à l’intérieur. La présence se nourrit à la Source.
Madère est une île volcanique, un caillou surgi des fonds marins, modelé par le temps, le vent, l’océan. Le Vivant.
Rien, ici, n’est tiède.
Je pourrais vous parler
des forêts denses et luxuriantes,
du désert du bout du l’île,
des tunnels sombres et étroits dans lesquels on entre sans voir la sortie, desquels on en ressort autrement.
Ce n’est pas une carte postale.
Ce n’est pas seulement un voyage.
Choisir une île, c’est accepter de ne plus négocier avec l’essentiel.
Resserrer ce qui disperse.
Révéler ce qui est vivant.
Et rendre évident le prochain pas.
On choisit de marcher à mes côtés dans ce passage,
en laissant le lieu, le corps et le vivant faire leur travail.
Cette retraite ne promet rien. Elle ouvre un espace pour que l’essentiel prenne sa place.




